Quelques semaines avant de quitter son poste d’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois a répondu aux questions de deux journalistes, Bruno Bouvet et Isabelle de Gaulmyn.
Les sujets abordés ont été d’une grande diversité et les réponses du cardinal ouvrent quelques perspectives qui ont paru suffisamment intéressantes pour qu’on propose aux paroissiens de prendre le texte de cet interview et de réfléchir aux points de vue qui y sont présentés.

Un premier point à relever est l’évolution de l‘Église dans la société française. Le père Vingt-Trois reprend une distinction mise en lumière par le Pape Benoit XVI.
C’est une remarque qui peut répondre à ceux et celles qui jugent l’Église d’aujourd’hui avec les mesures de l’Église d’hier… du genre «dans le temps il y avait tant de prêtres ou tant de chrétiens…. Il y avait tel pourcentage d’enfants catéchisés… tant de jeunes au séminaire, etc… »

En écoutant ces propos, on serait tenté de dire : c’est la débâcle, et tout s’écroule !
Ecoutez André Vingt-Trois « C’est ce que le cardinal Ratzinger appelait le passage d’un « christianisme sociologique » à « un christianisme de choix »… « Désormais, on n’est plus simplement chrétien parce que l’on naît dans une culture chrétienne, mais parce que l’on choisit de l’être. Cette évolution a une conséquence très forte, non pas pour la survie de l’Église qui n’est pas en question, mais pour la manière dont les populations, les moins armées culturellement peuvent accéder au christianisme. Ceux qui ont les moyens de comparer, peuvent exercer leur libre discernement mais les autres non. »

Ce dernier point mérite d’être réfléchi : il ne s’agit de rien d’autre que de l’annonce de l’Évangile aux milieux plus défavorisés. Quels moyens sommes nous capables d’inventer pour que ceux-là aussi aient contact avec l’Église et puissent entendre la Bonne Nouvelle ?

A suivre… D’autres points de vue du cardinal Vingt-Trois seront abordés dans les prochains Liens. (Le document lui-même est à votre disposition au fond des églises de Lambersart, feuille bleue).

Jean-François Bordarier, curé