7° de Pâques – année B –

« A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père… » C’est en quelque sorte le testament que nous refermons aujourd’hui. Un testament en forme de prière…où Jésus se tourne vers son Père pour lui confier ce qui l’anime au moment de quitter ses disciples.

Que dit-il ? C’est finalement très simple, même si le style de Jean peut nous paraître confus à la première lecture.

– Jésus nous dit d’abord que les disciples sont envoyés pour poursuivre sa propre mission à Lui.

Jésus, sachant que l’heure était venue de quitter le monde est en train de dire dans sa prière : ce que j’ai entrepris, ce qui a été inauguré par ma présence, c’est à eux qu’il revient de le continuer.

C’est la première chose , c’est la première évidence. Les disciples – ceux qui écoutent Jésus – mais aussi les disciples de tous les temps, ont là leur véritable raison d’être : poursuivre la mission du Christ. Être sa présence continuée.

Voilà ce que nous sommes : ceux qui ont mission de faire ce que faisait le Christ…dire les mots de la vie, les mots qui remettent debout…Accueillir tout un chacun comme il l’a fait sur les routes de Palestine !

Un chrétien, une communauté, un groupe de disciples, voilà à quoi ils servent : A faire les mêmes gestes, à dire les mêmes paroles que ceux du Christ : les mots et les gestes du partage, de la solidarité, du respect du plus petit. Tout ce qui remet debout :

– Dans sa prière, Jésus dit encore autre chose. Il demande à son Père de ne pas « les retirer du monde »

Les disciples, ils sont envoyés pour être présents là où se joue la vie des hommes. Regardez Jésus : l’Évangile nous le montre toujours en contact avec ses contemporains. Il n’est pas resté dans le désert ou enfermé chez lui, mais il a été présent à la société et aux hommes de son temps.

Il y a des moments dans l’Histoire où l’Église a négligé cette présence au monde, où elle s’est intéressée à ses affaires, à son fonctionnement et où elle a un peu oublié la vie du monde…où elle a oublié tout simplement d’être le sel de la terre. Ce ne sont pas les plus belles pages de l’Histoire de l’église.

Les belles pages, elles ont été écrites par Vincent de Paul, Don Bosco, Jean-Baptiste de la Salle, St Jean de Dieu..  et aujourd’hui elles le sont par tous ceux qui ont le souci de cette présence au monde, par tous ceux qui sont passionnés de la vie et de l’histoire des hommes.

Là où se joue la vie et le bonheur de nos contemporains : voilà où sont envoyés les chrétiens.

Dernière chose : « ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » dit Jésus

Être présent dans le monde, non pas pour raconter ce que tout le monde raconte ni pour faire comme tout le monde. C’est pas à ça que Jésus invite ses disciples. Mais être présent dans le monde pour y faire entendre la voix originale qui est celle du Christ…pour y manifester une autre cohérence : la cohérence de l’évangile.

Les chrétiens doivent toujours se demander ça : Devant tel événement, devant telle situation, qu’avons-nous d’original à dire et qu’avons nous d’original à faire ?

En face d’une logique qui est celle de l’égoïsme, de l’intolérance, de l’écrasement du plus faible, devant la logique de l’argent, de l’injustice …Dans quelle autre logique nous inscrivons-nous au nom de l’Évangile ?

Être dans le monde, mais ne pas se laisser avaler par le monde.

Voilà bien la charte du disciple….

Voilà bien à quoi nous sommes appelés : A la suite de ceux qui ont ouvert la route dans l’Histoire…à être les témoins de cette autre logique que Jésus est venu inaugurer.

A être, comme il nous y invite lui-même, le sel de la terre et la lumière du monde !