Épiphanie Année C

Regardons d’abord le texte qui nous est donné en cette fête de l’Épiphanie.

Il repose sur une double opposition, sur deux antithèses :

Hérode et Jésus, d’abord

Puis les grands prêtres et les Mages.

La première antithèse, c’est celle d’Hérode et de Jésus.

Hérode, c’est le roi. C’est un despote cruel qui s’appuie sur la toute puissance romaine. Il n’a qu’une crainte, c’est d’être lâché par le pouvoir romain.

Il fait trembler et il tremble.

Il est le symbole de la puissance et de la force. Rien ne lui résiste.

Rappelez-vous, quand il se verra joué par les Mages, il entrera « dans une grande fureur » nous dit l’Évangile, et il enverra tuer dans Bethléem, « tous les enfants qui ont moins de deux ans ».

En face de ce conquérant intrépide, Jésus. Un enfant né dans la simplicité, il représente la fragilité.

Et c’est lui qui remplit d’inquiétude le maître de Jérusalem.

Deuxième antithèse : les grands prêtres et les Mages : les grands prêtres (et les Scribes) cherchent le Messie dans les livres et ils sont incapables de le reconnaître parce qu’il n’a pas l’apparat qu’ils attendaient. Ils ne voient rien et pourtant ils sont du pays…

En face d’eux, les Mages : ils viennent d’ailleurs !

En dépit des difficultés, grâce à leur patiente ténacité, ils parviennent jusqu’à Jésus et ils le reconnaissent.

Ils se « prosternent » devant lui, nous dit l’Évangile…c’est à dire qu’ils reconnaissent eux à qui ils ont affaire.

Vous voyez, il me semble que toute recherche de notre vie, la recherche de sens, comme la recherche de Dieu…toutes ces recherches peuvent être éclairées par la recherche des Mages.

Je vous propose deux réflexions à ce sujet :

– la Première, c’est que pour trouver Dieu, il faut le chercher !

Vous êtes comme moi, vous entendez souvent des gens dire qu’ils ne savent pas si Dieu existe, si tout ça ce ne sont pas des blagues …qu’on ne peut pas savoir, etc…Ils sont agnostiques, comme on dit ;

La question de Dieu alimente parfois les discussions en famille ou avec des amis. Dieu fait partie des sujets dont on débat :::.

Chercher Dieu, c’est pas vraiment ça : Regardez comment ont fait les mages. Ils ont trouvé Dieu parce qu’ils l’ont cherché. La route a dû leur sembler longue et fatigante. Et c’est leur ténacité qui leur a permis de trouver le Christ, le Fils de Dieu.

Leur attitude peut guider la nôtre, à nous les chercheurs de Dieu.
C’est une recherche exigeante. Dieu n’est pas de l’ordre des devinettes faciles !

Suivons les Mages. Comme eux, mettons-nous en route avec courage et détermination.
Et pensons à la joie qui a dû les envahir à leur arrivée et qui est celle du croyant quand il découvre celui qui donne sens à une vie.

– Et puis acceptons l’évidence de l’Évangile d’aujourd’hui…
Dieu n’est jamais du côté de la puissance, de la force ou de la violence.

C’est Hérode qui est par là.
Jésus, on le trouve du côté de la fragilité d’un enfant, du coté de la douceur et de l’amour. Fragile, voilà comment apparaît le Fils de Dieu

Fragile aussi le signe donné aux Mages : une étoile dans le ciel !

Les signes qui nous sont donnés pour nous conduire à Dieu ne nous parvienne pas avec force, puissance et richesses… ce sont les Scribes qui cherchaient par là. Et ils n’ont rien trouvé d’ailleurs.

L’Esprit de Dieu nous invite souvent sur des chemins nouveaux et inconnus.

Des chemins qui ne sont pas ceux que l’on envisageait.

Ce sont les chemins de l’aventure, de la rencontre et de la vie.

C’est vrai depuis Abraham : Dieu est toujours du coté de ceux qui cherchent, du coté de ceux qui risquent et qui avancent avec la confiance chevillée au corps  !

Voilà un beau challenge pour l’année qui commence : devenir d’authentiques chercheurs de Dieu !….