2° ordinaire – année C

Il me semble d’abord que cet Évangile qui est fort connu, nous donne des indications sur ce qu’est un miracle dans l’Évangile…ou tout au moins sur ce qu’il n’est pas !

Parce que, consciemment ou inconsciemment, on a un peu tendance à penser qu’un miracle serait une preuve que Jésus aurait donnée pour montrer qu’il était vraiment le Fils de Dieu. Un peu comme une preuve que vraiment on avait affaire à un homme hors du commun….

Or il me semble qu’à Cana, on découvre que Jésus ne réussit pas un tour – un peu comme un tour de magie – mais plutôt qu’il fait un SIGNE

Et chaque miracle de l’Évangile peut être lu de cette manière: un signe posé par Jésus pour manifester quelque chose qui est bien plus important que le signe lui-même.

  • il guérit le lépreux…non pour faire comme le médecin, mais pour manifester l’amour particulier de Dieu pour les malades.

  • Il ressuscite le fils de la veuve (pourquoi ressusciter un mort et pourquoi pas tous les autres… ?) Il me semble qu’il veut manifester qu’il vient faire reculer les limites du mal et de la mort, et faire triompher la vie….

  • Il calme la tempête, non pour manifester sa puissance, mais pour que ses disciples puissent découvrir sa véritable identité.

C’est une grille très simple pour comprendre les miracles de l’évangile…toujours se demander : En faisant ce geste, qu’est-ce que Jésus veut dire par ce miracle ? Qu’est-ce qu’il dit aux gens de son temps ?

Et donc, qu’est-ce qu’il veut nous dire, à nous aujourd’hui ?

(Sinon on est devant lui comme devant le prestidigitateur, on dit : il a réussi…quel homme !)

A partir du miracle de Cana, je vois deux choses aujourd’hui :

– La première, je la trouve dans l’invitation de Marie aux serviteurs : « faites tout ce qu’il vous dira ».

Cette invitation, ce pourrait être celle de toute catéchèse, de toute prédication…

A tous ceux qui cherchent, qui doutent, qui se posent des questions, que voulez-vous dire d’autre ?

Faites tout ce qu’il vous dira

Même si ça vous paraît farfelu

Même si ça vous paraît trop exigeant ou compliqué

Même si vous croyez que ça dépasse vos forces…

Voilà à quoi nous sommes conviés. A faire tout ce que le Seigneur nous dit !

La réponse du maître de maison a été exemplaire. Il n’a pas hésité devant le coté étonnant… il n’a pas cédé à l’angoisse, mais il a fait ce qui lui était proposé. Il a fait confiance, totalement confiance !

Et regardez bien : le miracle a eu lieu parce que quelqu’un a accepté de faire confiance à l’imprévu du Christ.

Alors, nous qui doutons, ou qui avons du mal à croire…si nous acceptions de faire confiance à ce que le Seigneur nous demande.

C’est la première invitation de cette page d’Évangile.

A être des hommes et des femmes de foi…c’est à dire à faire confiance au Christ, et à ce qu’il nous propose… avec cette conviction qui s’appuie sur l’Évangile, que c’est toujours un chemin de vie !

La deuxième chose que je lis à travers ces lignes, c’est la fête elle-même « ses disciples crurent en lui ». Et ils ont cru – regardez comme c’est bizarre – parce que Jésus avait fait un signe au cours d’une fête et pour une histoire de vin.

C’est quand même extraordinaire que Jésus ait fait son premier signe pour donner à boire – du vin – à des gens qui avaient probablement déjà assez bu !

Autrement dit, les disciples ont découvert le visage du Christ et ont fait un pas supplémentaire pour reconnaître le fils de Dieu au cours d’une rencontre, au cours d’une fête, à l’occasion d’un mariage.

Voilà une page d’Évangile qui dit quelque chose de ce qu’est la foi chrétienne.

Et elle nous dit que la foi se joue au quotidien d’une vie : dans les moments de relation, de contact, de rencontres. Ce sont là aussi les chemins de la foi. Et ils sont peut-être le chemin privilégié de la rencontre et de la découverte de Dieu… Dans le vin du mariage, dans la joie de la fête, les disciples ont vu le signe qui les a menés à la foi….

Dans nos activités, dans notre vie, dans la joie de la rencontre, se trouvent les traces qui peuvent mener au Fils de Dieu.

Vous voyez : pour découvrir Dieu – bien sûr qu’il y a des chemins exceptionnels extraordinaires…

Mais il y a aussi les chemins de la vie ordinaire… la vie familiale, la vie de relation, la vie d’engagement, la vie de travail. La vraie vie !

C’est là que nous sommes provoqués à faire confiance au Christ et à devenir croyants !