5° ordinaire – année C

« Avance au large et jetez les filets »

Cette invitation s’adresse à des hommes qui ont peiné toute la nuit. Ils n’ont rien pris, ils sont fatigués. Et on les invite à aller encore plus loin. A aller au large.

Et ils vont le faire – malgré la fatigue et le découragement – parce que c’est le maître qui le leur demande.

On en connaît tous et on en rencontre tous des gens fatigués et découragés et on et bien souvent démunis quand il faut trouver les mots pour les faire se lever !

Comment faire comprendre que si on ne regarde que ses plaies, ses ennuis, ses blessures, on patauge dans les eaux basses et on remue la vase.
Par contre, si on prend le risque de regarder au loin, il est possible de retrouver des raisons de vivre. On peut retrouver du sens. Et saisir la main qui nous est tendue !

C’est bien ça l’Évangile d’aujourd’hui : la merveille est arrivée parce que des hommes découragés et fatigués n’en sont pas restés là, mais ont accueilli l’invitation du Maître à aller ailleurs…au large.

Et remarquez bien pourquoi ils y sont allés au large :

Parce que c’est le Seigneur qui le leur demandait. Ils ont eu confiance en lui : ils auraient pu l’envoyer promener…lui dire que ça allait bien comme ça, qu’ils avaient assez donné. Mais ils y sont allés. Avec confiance. On pourrait dire avec foi.

Alors, la question que l’on pourrait se poser aujourd’hui, c’est peut-être celle-là : quel est le large auquel le Seigneur m’invite ?

Pour le découvrir, il me semble qu’il faut d’abord repérer son découragement ou sa lassitude. Quel est notre découragement…quel est mon découragement ?

C’est vrai dans la vie personnelle, dans la vie de famille, dans la vie de relation, dans la vie d’une paroisse aussi. Dans tous ces lieux, on peut se fatiguer dans des histoires stériles… insignifiantes…On peut occuper son temps et gaspiller ses forces avec tout ce qui n’en vaut pas la peine.

On en crève de l’insignifiance. Si nous consacrions notre temps et nos forces à ce qui en vaut la peine et si nous devenions des artisans de réconciliation, de pardon, d’amour tout simplement, partout où  nous vivons…

Que chacun d’entre nous et que notre communauté entende aussi cette invitation du maître à aller au large.

Le large, c’est le lieu où souffle l’Esprit…c’est le lieu de la vie. Où on ne se laisse pas enfermer par les futilités ou le dérisoire, ou la rancune.

Oui, mes amis, voilà l’invitation qui nous rejoint.

A nous laisser emporter vers ces lieux où souffle l’Esprit…l’esprit de liberté, de vie.  Ces lieux où l’on se sent vivre…même si on sait qu’il y a le risque de la tempête !

Ne restons pas dans les basses eaux, même si elles semblent confortables. La vie les a désertées depuis longtemps.

Il ne s’y passe que du médiocre…du mensonge…de la bassesse et du dérisoire.

Aller au large, c’est prendre des risques…mais le bonheur se trouve là-bas. Car là-bas s’opèrent des merveilles. Notre vie pourra s’y trouver remplie à profusion comme les filets des pêcheurs du lac de Génésareth.

Quand on fait l’expérience du large,

Quand on a constaté les merveilles de Dieu,

Alors on peut devenir disciples, et comme ceux de l’évangile, laisser tout ce qui est accessoire pour suivre Jésus.

Devenir disciples, c’est tout un programme et c’est la grâce que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres. Amen !.