JMJ Panama City Janvier 2019

Les JMJ, ce sont les journées mondiales de la jeunesse. Elles ont lieu tous les 3, 4ans et rassemblent les jeunes du monde entier, à l’appel du pape. C’est ainsi que fin janvier, nous sommes partis, 35 jeunes des diocèses de Lille, Arras et Cambrai, pour vivre ces JMJ au Panama. Les JMJ ne sont pas un pèlerinage comme les autres.

1) Les JMJ, une expérience d’Église

C’est une expérience humaine et spirituelle forte ! Et ces deux aspects, humain et spirituels, sont indissociables, parce qu’aucune foule n’est semblable à celle des JMJ. Ce n’est pas seulement un rassemblement de jeunes qui ont les mêmes centres d’intérêts, mais c’est surtout une assemblée de croyants, c’est le rassemblement du peuple de Dieu, c’est presque, si j’ose le dire, un avant-goût de la vie éternelle !! Notre rencontre avec les autres pèlerins ne naît pas du fait que nous ayons les mêmes goûts, les mêmes habitudes, la même culture, mais bien parce que le Christ lui-même nous a réunis : c’est notre foi en Dieu qui nous a fait nous mouvoir jusqu’au Panama. Dans les rues, dès lors qu’on rencontre un autre groupe, on s’enquière de son pays d’origine, on papote un instant, on prie ensemble, mais plus qu’une rencontre sociale ou culturelle, ce sont nos âmes qui se rencontrent. On ne connaît pas les autres pèlerins, on ne les a jamais vus auparavant, on ne les reverra sans doute jamais, mais c’est un instant d’éternité que nous avons partagé !

Il faut imaginer la ville de Panama city qui double presque sa population ; dans les rues, de toutes parts, il y a des groupes de pèlerins qui arborent leurs banderoles, leurs drapeaux, leurs chapelets ; il y a les habitants à leurs balcons ; les panaméens dans leurs voitures qui nous klaxonnent joyeusement et nous font des grands signes quand nous passons ; on célèbre même la messe au cœur des centres commerciaux ! Et le tout bien sûr sous un soleil radieux, un ciel bleu et des palmiers qui flottent au vent, ce qui ne gâche rien !

Dans les transports en commun, on chante les louanges du Seigneur à tue-tête, on danse pour Dieu. On fait de même lorsque l’on fait la queue pour prendre nos repas, lorsque l’on marche dans la rue, lorsqu’il y a des bouchons de piétons pour se rendre aux grands événements.

Tous ces petits instants font des JMJ une réelle expérience d’Eglise, avec un grand « E », de peuple de Dieu, de communauté de croyants, et rend palpable cette notion d’universalité de l’Eglise. C’est concret, c’est tangible, on peut toucher, on peut expérimenter la joie de l’Evangile et la joie de croire.

Et cette joyeuse assemblée, n’en n’était pas moins capable d’intériorité. En effet, cette foi exubérante, démonstrative des panaméens prend bien sa source dans la relation personnelle que chacun entretient avec le Christ. Cela s’est particulièrement dévoilé lors de la dernière veillée avec le pape, où au milieu des 700 000 jeunes en silence, le Christ était présent dans l’hostie consacrée. Pendant cette adoration, ce n’était pas un silence forcé, mais bien un silence habité, où chaque pèlerin s’entretenait en cœur à cœur avec Dieu. Et on sentait la force de la prière, la force de l’Esprit Saint.

2) Les JMJ, l’accueil d’un peuple

Les JMJ aux Panama, c’était aussi l’accueil d’un peuple, parce que venir au Panama pour les JMJ, ce n’est pas comme y venir pour un voyage touristique. C’est-à-dire qu’en plus de nous livrer leur culture, leurs traditions, leurs habitudes ; ils nous livrent et nous associent à leur foi qui est si joyeuse et si profonde en même temps. Tout est fait au nom du Christ.

Et ce n’est pas seulement la communauté chrétienne qui nous a accueillis, c’est tout le pays qui a mis un point d’honneur à faire de cet événement un moment de communion. S’ils avaient dû accueillir le Christ en personne, ils ne l’auraient pas mieux fait me semble-t-il ! Ne serait-ce que pour l’accueil de notre petit groupe de 30 personnes à 2 h du matin, une bonne partie du village étaient là, avec tambour et trompette, feu d’artifice et drapeaux !

3) Les JMJ, à l’école de Marie

Les JMJ au Panama, c’était aussi se mettre à l’école de la Vierge Marie, puisque le thème de ces JMJ étaient les mots qu’elle a prononcé lors de l’Annonciation : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Pendant ces JMJ, nous avons donc cheminé avec celle qui a une foi à transporter les montagnes, celle qui médite et contemple, celle qui s’offre entièrement à la volonté du Père. Vivre les JMJ à la suite de Marie, c’était apprendre, comme elle, à faire activement la volonté du Père.

Avant de conclure, je voulais vous partager cette phrase que le pape nous a adressée : « Vous n’êtes pas le demain, vous n’êtes pas l’entre temps, mais vous êtes l’heure de Dieu » Cette phrase, le pape l’a adressée aux jeunes, mais elle s’adresse à tous aujourd’hui : ce n’est pas quelque chose qui est passé, ce n’est pas quelque chose qui est à venir, mais à chaque instant, Dieu veut entrer en relation avec nous, et nous sommes, chacun de nous, le présent de Dieu.

Voici donc un bref aperçu de ce que furent les JMJ : un rassemblement dans lequel on sent la présence de Dieu, ce Dieu vivant et vrai qui agit dans son Église. Cela nous conforte dans notre foi, nous fait comprendre pourquoi on n’est pas chrétien tout seul, et nous fait expérimenter l’universalité de l’Eglise, sa catholicité. Les JMJ nous font aimer l’Eglise et nous donnent envie de la servir, et, avec, Marie, nous faisons nôtres ses mots : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

Apolline Delesalle