Devenons Semeurs d’Humanité

On aime imaginer ce jeune homme rentant chez lui après avoir mené une vie de débauche. Il ne devait pas être très fier de lui et se rappeler son départ sans ambiguïté : « Donne moi ma part d’héritage et laisse moi mener ma vie comme je le souhaite. »

Et bien sûr, on pense au père… sa tristesse en voyant s’éloigner celui qui avait partagé sa vie et à qui il avait manifesté son attention. Mais il le laisse partir ! Parce qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à aimer ou à être fidèle. La décision finalement revient au fils. Même si on imagine bien la peine ou l’incompréhension du père… Et même si on peut aisément penser que le père surveillait régulièrement l’horizon en espérant le retour de celui qui était parti.

Et c’est le retour : l’harmonie avait été brisée et voici qu’il est de nouveau possible de reconstruire. L’amour sera plus fort que tout. Rappelons-nous le tableau de Rembrandt et les mains du père sur les épaules du fils. Quand on aime, tout est possible ! Même ce qui semblait définitivement cassé.

Voilà bien ce à quoi nous appelle cet Évangile du 4° Dimanche de Carême. A devenir des semeurs d’humanité… c’est-à-dire à laisser parler l’amour, la justice, le respect de tout homme… Rappelez-vous les question du livret de Carême pour ce dimanche : « Est-ce facile pour moi de remettre en question l’ordre social lorsqu’il laisse pour compte une partie des habitants de la terre ?…

Comment vais-je œuvrer à plus de dignité de chaque être humain ? »

Jean-François Bordarier, curé