5° Carême – année C

On imagine la scène : Cette femme livrée au jugement de la foule.

Et tous ces hommes prêts à la lapider…Parmi eux, sans doute des vicieux, mais qui réussissaient à sauver les apparences. Et puis, ceux qui avaient fait de la vertu leur métier et que ça rendait sans doute bien agressifs.

Et il y avait probablement aussi ceux qui n’avaient guère d’opinion et qui se laissaient conduire par ceux qui criaient le plus fort ou qui étaient les plus méchants.

C’était hier comme aujourd’hui, vous savez…c’est rarement l’amour qui gère les rapports entre les gens.

Et en face de cette foule agressive, un homme paisible : Jésus…qui – nous dit l’Évangile – « trace des traits sur le sol ». Et qui a cette phrase merveilleuse, c’est presque devenu un proverbe: « celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il lui jette la première pierre ».

Admirons Jésus: Il renvoie chacun à sa propre vie et à ses limites. Et il invite à regarder le cœur des gens. C’est l’homme de la vérité. Il ne devait pas fréquenter beaucoup le café du commerce.

Il appelle chacun à vivre avec vérité et densité : c’est là le chemin du bonheur. Avec Jésus, on est loin des jugements faciles sur les prostitués, les marginaux, les truands, les immigrés et les autres. Certains jugements qui sont quelquefois des mises à mort.

Jésus les a tournés vers eux-mêmes. Et ils sont partis. Ils ont préféré la fuite au pardon. Regardez comme leur attitude est différente de celle du Christ : Eux témoignent en silence. Gardant probablement leurs questions…empreintes de haine pour certains…pleins d’incompréhension sans doute pour d’autres aussi ! Et Jésus qui se met à dire à cette femme « je ne te condamne pas, va et désormais, ne pèche plus ! »

Lui, l’homme parfaitement réalisé, l’homme sans péché…voilà qu’il aide cette femme à se remettre debout, d’une manière il l’aide à revivre, à ressusciter !

Les scribes et les pharisiens enfermaient la femme dans son péché et dans son passé : pas d’avenir, pas d’issue ! Elle ne pouvait que mourir !

Et Jésus va faire avec elle ce qu’il a fait avec tous ceux qui ont croisé sa route. Il lui ouvre un avenir !

Ils ont failli l’assassiner avec leur haine, leur jugement et leur pierre et Jésus la ressuscite, avec son regard et avec son cœur. Il la rend à la vie. Et il lui dit « ne pèche plus »…ce qui veut dire, je sais que tu es capable de vivre autrement. Je sais que tu es capable du bonheur véritable…parce que tu as été créé pour ça : A l’image d’un Dieu qui est amour !

Tu es donc capable du meilleur…. D’une certaine manière Jésus vient lui révéler qu’elle vaut mieux que ses pratiques actuelles…

Les Scribes et les Pharisiens la condamnaient sans appel ! Ils la réduisaient à son acte et ils voulaient la faire disparaître… Par contre, Jésus va lui faire confiance et il va lui ouvrir l’avenir ….

Ce sont nos jugements, nos paroles, nos actes que nous pouvons regarder à la lumière éblouissante de cet épisode.

On a tous fait l’expérience un jour ou l’autre combien ça décuple les forces de se savoir aimés, encouragés, accompagnés, compris !

Et combien par contre, ça désespère et ça anéantit de se savoir jugés et condamnés.

Ça pourrait être notre prière en ce temps de carême :

Que nos paroles et nos actes ne visent qu’à remettre debout, qu’à aider ceux qui souffrent de la haine, de l’indifférence ou de l’injustice.

Oui Seigneur, aide-nous à transformer nos jugements qui tuent parfois ou qui désespèrent … en paroles qui donnent le goût d’avancer et de retrouver le désir de vivre.

Et ouvre nos mains, Seigneur, et notre porte monnaie aussi bien sûr, pour faire vivre. Et alors, en retour, tu nous donneras la joie ! Amen