Homélie Jean 17 20-26

Les textes de ce dimanche me posent souci. Dans les Actes des Apôtres, c’est l’assassinat d’un diacre, Étienne, en présence de celui qui deviendra un apôtre, Paul; ce n’est pas très emballant…

Le second texte, c’est l’Apocalypse ; ceux et celles qui me connaissent savent que je ne suis pas très à l’aise avec le dernier livre de la Bible…

Alors, il « reste » l’évangile. Oh, je sais bien que certains d’entre nous préféreraient une parabole ou un récit; c’est plus parlant…

Et pourtant ! Quoi de plus concret, de plus proche de notre vie que ce texte : le chapitre 17 de St Jean, qu’on appelle la prière de Jésus.

A l’approche de ses derniers jours, Jésus va sortir de la ville de Jérusalem, descendre dans la vallée du Cédron, remonter vers le jardin des Oliviers pour y être arrêté.

Et, avant ce chemin de descente aux enfers, de marche au supplice, Jésus prie.

 

Premier enseignement à retenir : Jésus prie. Et pour cela, il s’adresse à son Père, à Dieu «Tu es en moi et moi en Toi. ». Non seulement, un lien filial les unit mais une communion profonde existe entre les deux.

Jésus est l’envoyé du Père pour que nous soyons éternellement des vivants. Et, pour vivre cet envoi, Jésus se met en prière. Que de fois, dans les évangiles, Jésus prie ! Avant les grandes étapes de sa vie chez nous.

Et moi, quand je prie, à qui je m’adresse ? A Dieu ? A Jésus ? Oh ! Bien sûr, la prière arrivera toujours à son destinataire, soyons rassurés. Je peux même passer par Marie.

Mais, avons-nous toujours conscience qu’on ne peut pas isoler Jésus de Dieu ?  « Que tous soient un comme Toi, Père, Tu es en moi et que je suis en Toi. »

Si nous isolons Jésus de Dieu, nous réduisons Jésus à un bon prophète, un innocent injustement crucifié, un maître à penser, un modèle à suivre,…

Oui, cette prière de Jésus est forte, majeure : elle met en lumière cet amour inconditionnel de Dieu qui envoie son Fils…pour nous.

Et, c’est le deuxième enseignement de ce passage de St Jean. Cet amour est fait pour nous. Grâce à la Parole reçue et partagée, à la prédication des apôtres, à notre communauté de croyants, nous proclamons que cet homme, Jésus, est le Fils de Dieu.

Jésus nous a fait connaître Dieu pour que l’amour qu’il a reçu de son Père soit en nous pour toujours. Voilà le cœur de la foi et de l’espérance chrétienne.

L’amour fou de Dieu pour son Fils et de Jésus pour son Père nous pousse à le mettre en œuvre, comme il pousse Jésus à aller vers le jardin des Oliviers, vers ce don total de sa vie…Pour nous…Un amour incarné, an-cré dans la Vie.

Non, ce n’est pas une utopie ; Non, ce ne sont pas que des mots !

Je repense à ces jeunes qui, ces jours-ci, font profession de foi et à qui nous remettons la croix. Cette croix, signe des chrétiens, mais aussi signe de cet amour passionné entre le Père et le Fils, cette croix qui est à plan-ter au cœur du monde pour manifester et vivre cet amour de Dieu et des autres.

Oui, cet amour de Dieu et des autres n’est pas hors-sol. Il est incarné, il est à incarner. Notre monde, notre société ont tellement besoin que des chrétiens se lèvent et manifestent que c’est l’amour qui sauvera le monde, pas l’argent, pas la compétition, pas la rentabilité, pas la violence.

Quand on a que l’amour pour vivre ces promesses… Quand on a que l’amour à offrir en prière pour les maux de la terre, pour tracer le chemin…
Alors, sans avoir rien que la force d’aimer, nous aurons dans nos mains, frères et sœurs, le monde entier…

Impossible, utopique, au-delà de nos forces, me direz-vous… Rassurez-vous le Père et le Fils ont décidé de nous envoyer de l’aide : il s’appelle Esprit-Saint.

 

Juin 2019