18° ordinaire – Année   C

La situation est simple, presque banale : Jésus est en route pour Jérusalem, et du milieu de la foule, une  voix s’élève et lui demande d’arbitrer un litige en matière d’héritage « maitre, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage »

            En effet, le droit juif attribuait à l’aîné la part la plus importante et le reste devait être partagé  entre les autres enfants.

            Ici, l’aîné a dû s’emparer de la totalité de l’héritage et refuse de remettre à son frère la part qui lui revient. C’est une question d’héritage …on connait ça !

 

Jésus n’a pas trop envie de répondre à la question posée : il n’est pas là pour ça… pour régler des histoires d’héritage.

Et il va en profiter pour aller un peu plus au fond des choses :

Et c’est la petite parabole qu’on connait bien et qui nous présente cet homme qui a bien organisé toute sa vie. Son affaire marche bien et il sait prendre les initiatives qu’il faut… Il s’enrichit et à un moment il décide de profiter de tout l’argent qu’il a amassé…manger, boire, jouir de l’existence …

 

Et alors dit Jésus, il va découvrir qu’il a oublié l’essentiel et qu’il s’est laissé finalement prendre au piège. Il a fondé sa vie sur la réussite et sur l’argent qui est lié à  cette réussite.

Et alors, il va se rendre compte que ce qu’il pensait bien plein comme ses greniers bien remplis…en réalité est fort vide.

Il a découvert le vide de sa vie et il va se rendre compte que le bilan est vite fait : tout ça est creux et ne mène à rien .

C’est l’invitation, non pas à ne pas travailler ou à ne pas réussir. Bien sûr !

Mais c’est l’invitation à ne pas oublier l’essentiel…C’est l’expérience du bonhomme de la parabole. Il avait travaillé probablement très fort, mais il était passé à côté de ce qui fait vivre. Il avait oublié les raisons de vivre !

C’est un Évangile qui nous est donné en cette période de vacances. Période calme où peut-être on prend le temps de réfléchir, d’échanger , de se retrouver en famille, de se retrouver soi-même aussi !

C’est le temps des raisons de vivre, où peut-être on peut se redire ce qui donne du sens à notre vie. Il faut faire cet exercice de temps en temps pour ne pas se laisser surprendre comme l’homme de  la parabole.
« Tu es fou » nous dit on dans les dernières lignes !

Les folies sont nombreuses et les tentations envahissantes :

C’est ne vivre que pour soi et amasser dans les greniers  de l’indifférence.

C’est miser sur tout ce qui n’en vaut pas la peine

C’est ne penser qu’à soi…

Ne cédons pas aux chimères, même si elles sont appétissantes. Sachons retrouver le roc solide sur lequel appuyer son existence.

Les raisons de vivre, elles sont toujours  du côté de l’amour, qui refuse que quiconque reste en rade sur le bord de la route..

C’est du côté de l’autre et particulièrement du plus petit … c’est là  qu’on peut trouver un fondement à notre existence. N’oubliez pas les pauvres, voilà ce que nous répète tout le temps le pape François.

L’Évangile nous invite à donner du sens, de la saveur à notre vie.

Voilà, me semble-t-il la question : quelle est la saveur de ta vie.

C’est quand on s’est confronté à cette question qu’on peut relativiser tellement de choses, et retrouver avec joie la simplicité, la réconciliation, la tendresse, la qualité des relations, le goût de la vérité…Et éviter de s’engouffrer dans toutes les impasses qui ne conduisent nulle part.

Quelle est la saveur de ta vie ?