19° ordinaire – année C –

Je voudrais d’abord vous faire remarquer que ce passage de l’Evangile fait suite à celui de dimanche dernier où Jésus s‘adressait à la foule.

Souvenez-vous : il lui rappelait les choses essentielles de l’existence. C’était la parabole du « riche insensé » comme on dit : Celui qui avait tout misé sur l’argent et qui en avait oublié ce qui peut fonder une vie.

Aujourd’hui, le Christ ne s’adresse plus à la foule, nous dit Luc, mais à ses disciples.

Et ce sont eux qu’il va former en leur donnant les conseils nécessaires pour qu’ils soient des disciples authentiques… fidèles. Des disciples selon son cœur.

Et que leur dit-il dans cette parabole qu’il leur adresse ? Soyez des veilleurs…ne vous laissez pas assoupir par la fatigue ou le découragement. Ne vous fondez pas dans la masse, mais restez vous-mêmes : un petit troupeau, leur dit-il, peut-être, mais vous êtes de ceux qui avez découvert le Royaume !

Soyez des veilleurs, dit Jésus à ses disciples.

Le message est le même pour notre communauté comme pour chacun de nous.

Être veilleur aujourd’hui. Voilà une belle définition du chrétien !

– Nous sommes les veilleurs de l’homme. Nous avons tout l’Évangile pour dire ça. Regardez tout ce qu’a fait Jésus et tout ce qu’il a dit. Toutes les paraboles comme tous ses gestes nous disent le souci qui est le sien de faire vivre en abondance tout un chacun.

A tous ceux qui vivent mal pour des raisons diverses…à cause de la haine, du mépris, de la solitude ou du péché, comme à cause de la maladie ou de la détresse. A tous ceux-là, il va tendre la main pour les remettre debout et pour les réconcilier avec eux-mêmes et avec les autres et pour les faire avancer vers la vie en abondance.

Et bien, les disciples – et c’est ce qui fait qu’ils sont disciples – inscrivent leurs gestes dans la même logique que celle du Maître.

Être les veilleurs de l’homme… tout faire pour que l’homme, tout homme soit respecté dans sa dignité et se sente reconnu et aimé.

Ça implique quelques conversions de nos regards, de nos paroles et de nos actes.

C’est jamais gagné !Et puis, je voudrais vous proposer une autre piste de réflexion à partir du verbe « veiller ».

Je vous propose de construire ce verbe autrement. Non plus seulement veiller… mais veiller sur !

Un jour, on a fait un pèlerinage à Rome et on a rencontré un des responsables de la communauté Sant Egidio. C’est une communauté de 50.000 membres environ, présents dans le monde entier et qui ont le souci de bâtir la paix et d’être présents aux pauvres.

Ce membre de la communauté nous disait : les membres de Sant Egidio ne veulent pas avoir le souci de tous les pauvres – ce qui d’ailleurs ne veut peut-être pas dire grand chose – mais ils demandent que chacun veille sur une personne, celui qui a besoin de lui … celui qui s’est effondré ou qui connaît un passage difficile (quel qu’en soit la nature !).
Veiller sur quelqu’un, l’accompagner, l’aimer, l’aider à refaire surface, prier pour lui… Et que ça dure dans le temps !

Non plus veiller à mais veiller sur !

La question finalement : Sur qui veilleras-tu qui a besoin de toi ?

Sur qui poseras-tu le même regard que celui du Christ…. c’est à dire un regard de compassion et de tendresse…