31° dimanche ordinaire – C –

On aime bien Zachée chez les chrétiens. Peut-être parce qu’on se retrouve bien en lui… même si on n’est pas tous petits ! Mais peut-être qu’on l’apprécie parce qu’il est passé de l’incroyance à la foi : il était collaborateur, voleur, il avait une vie pas très honorable et il s’est produit un événement qui a changé le cours de son existence : il est devenu l’homme du partage…Il s’est converti…il a changé sa vie.

Devenir croyant…et donc mettre sa vie dans le sillage de l’Évangile…voilà ce à quoi nous sommes appelés les uns et les autres…voilà aussi peut-être notre recherche plus ou moins formulée.

On entend ça souvent : comment faire pour devenir vraiment chrétien ? ….comment on trouve la foi…moi je ne ressens rien…je n’y arrive pas …me disait cet étudiant !

C’est une question tenace pour nous : on la trouve autour de nous, et puis on la retrouve aussi en nous Et c’est là que l’épisode de l’évangile d’aujourd’hui peut nous éclairer, me semble-t-il.
Vous savez, bien souvent, on veut devenir croyants à la force des poignets…à force de conversion…comme si tout dépendait de nous : Alors, on fait des efforts louables pour y arriver : on se bagarre avec ses défauts, avec ses fragilités, ses blessures aussi…et ça ne marche pas très fort, il faut bien le dire !

Est-ce que Zachée a dû faire des efforts ?.

Il en a fait un sans doute : ça a été de monter sur son arbre : il a dû prendre sur lui parce que ça ne se faisait pas pour un notable de grimper aux arbres comme un gamin.

Mais il voulait voir le Seigneur qui devait passer par là !…et il le voulait tellement qu’il n’a pas hésité à faire ce qui peut apparaître comme un effort sur soi.

Mais l’effort, il s’arrête là : pour se convertir, pour se détacher de ses biens, pour passer de la situation de truand à celle d’honnête homme, il semble qu’il n’ait pas eu à lutter.

mais il a rencontré le Seigneur, il s’est laissé saisir par lui.

Il a laissé Jésus venir chez lui, prendre place dans sa vie : le reste, la conversion : c’est une conséquence.

Ce qui est premier et fondamental dans la démarche de Zachée, comme dans celle de tout croyant, c’est ça :

C’est l’initiative du Christ « Descends il faut que j’aille demeurer chez toi »

Et c’est la réponse de l’intéressé, de Zachée, la nôtre aussi :

« Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie »

On devient croyant quand on répond à l’initiative du Christ qui veut vivre une relation avec chacun.

Alors, ne prenons pas les choses à l’envers : n’essayons pas de nous convertir seuls comme si nous en étions capables…on s’use à force de vouloir se convertir avec nos pauvres forces.

Plutôt, laissons le Christ venir chez nous, laissons-le prendre place dans notre vie ! Vivons comme Zachée la véritable rencontre avec lui ; et de cette rencontre naîtra la conversion.

Tout ce qu’on peut nous souhaiter les uns aux autres, c’est la rencontre vraie avec le Christ : c’est elle qui détermine toute conversion vraie et durable.

Cette rencontre, elle se vit dans la prière, dans le service des pauvres,

elle se fait dans la lecture de la Parole de Dieu,

elle s’opère aussi dans la communauté que nous formons.

Elle se fait finalement à chaque fois que l’on accepte d’être décentré de nous-mêmes : le grand obstacle à la rencontre du ressuscité, c’est nous-mêmes avec notre égoïsme, notre intérêt, notre goût du pouvoir ou de la tranquillité.

Que cette Eucharistie ranime en nous le désir de la rencontre avec le Christ : lui seul peut nous libérer de tout, y compris de notre péché !

Comme sur les routes de Palestine, il marche à côté de nous, et, comme dans l’Évangile, il attend notre curiosité, notre désir,
pour s’inviter chez nous
pour réaliser en nous des merveilles, à commencer par celle de la conversion.

N’ayons pas peur d’aller plus loin dans la rencontre avec le Christ : elle nous donnera la véritable joie : la joie des Béatitudes … comme on disait à la Toussaint !