32° ordinaire ANNÉE C

C’est une étrange histoire que nous rapporte l’Évangile d’aujourd’hui.
Et une étrange question, aussi : de qui sera-t-elle la femme au paradis ?
Une fois de plus on veut tendre un piège à Jésus… D’habitude, ce sont les Pharisiens qui posent les colles … Ici les questionneurs sont différents. Ce sont les Sadducéens – des gens qui avaient des positions religieuses conservatrices et qui se caractérisent par le refus de croire à la résurrection.

D’où la question ironique : la femme aux sept maris, de qui sera-t-elle la femme en fin de compte ?

Ne sourions pas trop vite … il y a peut-être en beaucoup de chrétiens un sadducéen qui sommeille… ou bien pour ne pas croire à la résurrection ou bien pour en faire une sorte de croisière éternelle du club Méditerranée… dont les évêques ou les prêtres seraient les « gentils organisateurs »…

Cette vision du paradis comme la réalisation de tous nos rêves… même les moins avouables, était justement la conception non croyante des Sadduccéens : refuser le ciel comme compensation de tout ce qu’on a raté ou qu’on n’a pas eu sur la terre : … Une manière de récupérer ce qu’on n’a pas eu ici-bas !

Alors comme s’en sortir ?

Eh bien, écoutez cette phrase du livre de la Sagesse que l’on a lue le 2 novembre dernier, le jour de la prière pour les défunts : « notre existence est brève et triste, rien ne peut guérir l’homme au terme de sa vie, on n’a jamais vu revenir personne du séjour des morts ! »

C’est vrai, nous ne savons rien de l’au-delà. Sauf, peut-être que l’au-delà, nous le construisons chaque jour, et que toutes les situations vécues pour le meilleur ou pour le pire inaugurent déjà notre éternité !

Et puis, écoutons St Paul écrire aux Thessaloniciens… pas pour leur dire comment ça va se passer mais il leur annonce pourquoi l’Espérance est possible : « De même que Dieu a ressuscité son fils, de même nous croyons que nous aussi, nous sommes appelés à vivre près de Dieu pour l’éternité… »

Voilà ce que nous pouvons croire et dire. Le reste, c’est le secret de Dieu ! Amen !