Christ Roi de l’Univers

Quand on parle de royauté, de roi ou de royaume, les premières images qui me viennent à l’esprit, ce sont les châteaux, les habits somptueux, les couronnes, les guerres et les victoires prestigieuses aussi !

L’histoire de France nous a plutôt habitués à cette manière de parler de royauté.

Et regardez l’Évangile qui nous est proposé en cette fête du Christ-Roi-de-l’univers : plus d’habits somptueux mais un homme dénudé pendu à une croix. Une couronne oui, mais une couronne d’épines. Et en guise d’hommage de la part de ses sujets : des ricanements, des injures et des moqueries, nous dit l’Évangile.

Et aujourd’hui, en ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous contemplons cette croix pour reconnaître en Jésus, le roi de l’univers !

Toutes les images que l’Histoire nous a transmises sont nulles et non avenues. On ne parle plus de la même chose même si on utilise les mêmes mots.

Ici, on dit autre chose : on signifie par cette fête du Christ Roi que depuis Jésus, le monde a changé de sens. Et que ce qui fait vivre, ce ne sont plus les apparences, le prestige, les titres et la gloire. Mais que la vérité de l’homme, elle se trouve dans la simplicité, l’accueil et l’amour du petit, du pauvre ou du malade.

Si nous contemplons la croix aujourd’hui, c’est parce que nous savons qu’elle est l’aboutissement d’une vie tournée vers les autres. Une vie passée à remettre debout tous les cabossés,. Une vie où chaque homme est important, même et surtout le plus faible ou le plus dégradé.

Une vie où ce qui compte, ce n’est pas d’abord la loi mais c’est que l’homme vive et puisse retrouver une perspective d’avenir. Ce que depuis, on nomme l’espérance !

Regardez l’Évangile : aucune recherche de gloire et encore moins de facilité : Mais une manière de permettre à chacun de laisser s’exprimer le meilleur de lui-même.

Un appel à la vérité, à la liberté, à l’amour. Et une manière de dire que le poids d’une vie ne se mesure pas à l’esbroufe, à la carte de visite ou au carnet de chèques, mais à la simplicité du cœur, à l’ouverture aux autres et à Dieu.

On en reparlera bientôt, au temps de l’Avent.

En quelques lignes, Jésus nous présente un drôle de programme : on serait tentés de dire : c’est le monde à l’envers.

Mes amis, célébrer le Christ, roi de l’univers, c’est reconnaître dans le crucifié Celui qui nous fait vivre et c’est choisir à nouveau de mettre nos pas dans les siens. Et c’est entendre l’appel à refaire au quotidien le choix d’une vie selon l’Évangile. C’est se laisser faire – convertir – aujourd’hui par le Christ, comme l’ont fait hier Matthieu ou Pierre, la Samaritaine ou Zachée, Marie-Madeleine ou Bar-Timée. C’est se laisser traverser par cette parole qui nous expose à la brûlure des Béatitudes, et qui fait comprendre que c’est là que l’homme se réalise et qu’il devient vraiment lui-même…loin des faux semblants, des futilités et du dérisoire qui sont toujours prêts à nous envahir.

Le choix qui nous est proposé devant le Christ sur la croix, c’est celui qui animait les deux larrons : ou bien se laisser mener par la haine, la rancœur et la dérision « Sauve toi toi-même et nous avec ! »

Ou bien retrouver la simplicité de cœur du second larron. Reconnaître, comme lui, nos limites ou notre péché, et oser nous tourner vers Dieu qui vient sauver ce qui était perdu ! Et oser, comme le larron, balbutier les mots de la réconciliation et de la foi.

Fêter le Christ roi, c’est un acte de foi au Christ et à son message. C’est affirmer que l’ultime d’une existence, n’est pas là où le monde le met bien souvent….mais qu’une vie se juge au bonheur. Au bonheur des Béatitudes.

Tout le reste est dérisoire !