Sainte Famille 2019.

Rappelez-vous la semaine passée : l’Evangile nous parlait déjà de Joseph. Et de sa docilité à ce que Dieu lui demandait.

Il avait fait un projet, celui de répudier Marie en secret. Et quand il comprend à quoi Dieu l’appelle, il se laisse faire en quelque sorte. Et il accepte de participer à cet événement extraordinaire auquel il est convié : prendre chez lui Marie, veiller sur elle et participer à l’éducation de l’enfant qu’elle portait en elle.

Joseph, disions nous la semaine passée, est un modèle de croyant : il avait son plan personnel …et il accepte de le corriger à la lumière de Dieu.

Il fait confiance. Sa vie, il la fait avec Dieu, d’une certaine manière.

C’est ça être croyant.

Et regardez l’Évangile d’aujourd’hui. Voyez à quel point Joseph veille sur Jésus, l’enfant dont nous venons de célébrer la naissance. Là aussi, quelle disponibilité : dès qu’il comprend ce qui se passe, « il se lève, prend l’enfant et sa mère »…D’abord, il décide de les emmener en Égypte…puis, et c’est la même phrase quelques lignes plus loin, qui annonce qu’il décide de rentrer au pays d’Israël.

Comme au moment de l’annonce du destin extraordinaire auquel il est convié, Joseph mène sa vie non pas seul ni avec le plan qu’il s’était fixé mais il se laisse faire par Dieu.

Il entre, comme on dit, dans le plan de Dieu, tel qu’il le comprend.

C’est bien ça être croyant : se laisser faire par Dieu. Faire son bonheur avec lui.

Voilà une page d’Évangile qui nous parle de la foi de Joseph – et qui nous dit aussi quelques chose de la qualité de la vie de famille.

Joseph veille sur l’enfant, sur Marie et il fait en sorte que leur destin soit lié. C’est ça une famille : on ne fait pas son bonheur tout seul mais on veille à faire son bonheur ensemble.

Je trouve merveilleux de constater autour de moi combien cette conception de la famille est mise en œuvre bien souvent…et combien des parents sont prêts à tout pour aider leurs enfants à se réaliser. Et faire en sorte que la famille soit un lieu où il fait bon vivre et où chacun peut trouver sa place et s’épanouir au mieux.

Dans un monde chahuté comme le nôtre, la cellule familiale est là, comme dit Benoît XVI pour « garder, révéler et communiquer l’amour ». Le lieu premier de l’amour, c’est la famille.  Et l’Evangile d’aujourd’hui vient nous en donner une belle illustration : Joseph, Marie et Jésus ont fait leur bonheur ensemble ! Et c’est ensemble qu’ils ont fait face à l’adversité, c’est à dire au Roi Hérode et à ses plans criminels.

Peut-être qu’on pourrait-on ajouter deux choses pour terminer.

  • Nous sommes responsables de l’avenir de la famille. Il est trop simple de critiquer la manière dont elle est battue en brèche ou esquintée par les temps qui courent. La famille, comme lieu d’expression de l’amour est un don de Dieu.. Il nous revient de le garder, de le sauvegarder. Même et surtout quand les vents sont contraires.

  • Et enfin, je voudrais attirer votre attention et votre prière sur ceux qui souffrent dans leur famille…les couples que l’amour a désertés, les enfants ballottés et à qui il manque le modèle d’amour des parents, les conjoints délaissés…

Tous ces gens qui souffrent à cause de la famille, il ne s’agit pas de les plaindre, mais de les accueillir et de leur procurer l’amour dont ils manquent pour qu’ils puissent encore croire à l’amour.

C’est vrai pour les enfants, c’est vrai pour les époux.

Que tous et particulièrement ceux qui ont le bonheur de vivre une authentique vie de famille : Que nous soyons là pour leur dire que même quand on est blessé dans son cœur, on peut continuer à espérer et à croire en l’amour.

Que cette fête de la Sainte Famille, soit une action de grâces pour les trésors de tendresse et d’amour qui sont révélés dans les familles de chez nous – et qu’elle soit un rappel de la mission qui nous revient : quand des familles souffrent, nous sommes là pour leur tendre la main et pour leur dire qu’il y a toujours un avenir. Si on croit en l’amour.