12° ordinaire – année A –

« Ne craignez pas ». Voilà ce que Jésus est en train de dire à ses apôtres au moment où il les envoie en mission.

Il est utile de regarder l’épisode précédent : Jésus a appelé ses disciples, il les a appelés par leur nom et il les envoie sur les routes de Palestine, annoncer cette bonne nouvelle qui remet debout, qui réconcilie, qui atteint le cœur de l’homme.

Et Jésus pressent que ce message ne sera pas facile à transmettre : il a bien conscience de tous les dangers qui guettent les disciples et de tous les obstacles auxquels ils vont s’affronter.

Et il leur dit : ne vous laissez pas décourager, ne craignez pas !

C’est un message qui nous rejoint dans nos peurs, dans nos lassitudes et dans nos découragements.

Elles sont nombreuses les peurs d’aujourd’hui. Elles atteignent les chrétiens comme tous les hommes : Peur de l’avenir… . Peur du virus dont on nous dit qu’il pourrait revenir ! peur de la remise en question de toutes les attitudes morales qui avaient façonné une société…c’est vrai pour la cellule familiale, pour le respect de la vie de son origine à son terme…peur quant à l’avenir du monde : tout semble si fragile et on a tellement conscience qu’il ne faudrait pas grand-chose pour rompre les grands équilibres internationaux.

La peur nous envahit…c’est vrai.

Et il en est de même pour ce qui touche à notre foi et à notre vie en Eglise : qui d’entre nous oserait dire que sa foi n’est pas chahutée par la remise en question, par les scandales qui secouent l’Église… par l’incompréhension rencontrée régulièrement ou l’indifférence qui nous mine ?

Peur et inquiétude pour l’avenir de notre Église ou de nos communautés quand on les voit se rétrécir ou manquer de vitalité…

Et la parole de Jésus nous rejoint : Ne craignez pas ! …parce que – c’est vrai – les craintes sont nombreuses !

Trois raisons pour retrouver la confiance.

  • La première, c’est l’Évangile qui nous la donne : « vous valez bien plus que tous les moineaux du monde ». c’est la première conviction du croyant : Dieu marche avec nous et aime chacun d’un amour extraordinaire.

Notre confiance, elle est fondée sur cette conviction forte : Dieu nous aime d’un amour particulier, personnel. C’est Jésus qui nous l’a dit. Quand il nous parle de Dieu, il ne nous parle pas d’abord du créateur de l’univers, mais il nous parle d’un « Père » : Comment dire mieux l’amour qu’il porte à chacun ?

  • La deuxième raison qui peut nous conduire à la confiance, c’est le message lui-même. On le confond bien souvent avec une théorie parmi d’autres….Et on désespère parce que la théorie ne semble plus à la mode…

Nous n’avons pas à défendre l’Évangile d’une certaine manière. Sa valeur n’est pas dans notre présentation mais elle est dans le message lui-même.

Nous ne sommes pas là pour prouver que l’Évangile dit vrai…mais pour le présenter et permettre aux autres de l’entendre : sa force est dans la Parole elle-même …et pas dans les arguments que l’on peut utiliser à son propos !

  • Retrouver la confiance, c’est enfin nous laisser faire par la Parole de Dieu et par sa présence ! Faire en sorte que la foi ne soit pas une activité parmi d’autres…comme il y a le sport, le travail, les courses, les vacances et le reste…mais que nous ayons le souci de laisser le Christ prendre place dans notre vie.

Être chrétien, c’est ça : c’est faire sa vie avec le Christ. Et le laisser marquer nos activités, nos préoccupations, nos choix les plus essentiels.

Voilà l’invitation qui nous est faite A renouer avec le Christ, à le laisser établir chez nous sa demeure et à vaincre avec lui toutes les peurs et les découragements qui peuvent nous gangrener.

Renouer avec le Christ. C’est faire de lui un compagnon. C’est lui tenir la main et le laisser nous conduire vers la vie en abondance !