16° ordinaire – Année A

Qu’est-ce qu’elles ont en commun ces trois paraboles ? L’ivraie… la graine de moutarde … le levain dans la pâte…

Qu’est-ce qu’elles ont en commun ?

Il me semble que ces trois paraboles nous provoquent à l’Espérance.

Elles nous disent que le Royaume avance quelques soient les difficultés rencontrées et la présence du mal.
Vous connaissez peut-être ce journaliste – Jean-Claude Guillebaud (1) – qui est en même temps un philosophe et qui disait il y a a quelques temps que les media nous poussaient trop souvent au désespoir… on n’y voyait que des crimes, des ragots, des histoires de caniveaux, comme on dit : des vols, des viols… nous connaissons la chanson !

Et Jean-Claude Guillebaud proposait que les journalistes et les autres nous montrent de belles choses qui redonnent courage, confiance et espérance. Parce qu’on finirait, disait-il, par ne plus voir que le mal,… comme si notre monde était complètement pourri et qu’il n’y avait plus rien à espérer !

Ce serait la pente fatale qui risquerait de nous faire sombrer dans le désespoir !

Et regardez Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui : il nous parle du Maître qui a semé du bon grain dans son champ. Il nous parle de la petite graine qui va devenir cet arbre où les oiseaux pourront construire leur nid.

Et puis, surtout, il nous parle du levain. C’est presque insignifiant. Et pourtant, ça fait lever la toute pâte.
Regardez : ce n’est pas seulement la question du bien et du mal qui est posée. Entendez l’explication de Jésus : c’est le Fils de l’Homme, c’est le Christ qui sème le bon grain (de la part de Dieu)

Autrement dit : Dieu fait tout ce qui est nécessaire pour que le monde soit un monde d’harmonie, de bonheur. C’est ça le Royaume…un monde où chacun est respecté, un monde de justice, de paix, d’amour.

Donc, quelques soient les difficultés, ne soyons pas des chrétiens déprimés : Pour deux raisons :

  • la première, c’est que Dieu aime le monde. C’est Lui qui sème, y compris les petites graines qui deviennent des arbres.
    Vous voyez : Il y a une manière de parler du monde qui n’est pas chrétienne. Ce monde est le monde de Dieu. Et Dieu envoie son fils pour sauver ce monde parce qu’il aime ce monde.

Bien sûr, il y a le mal. Et toutes les forces de mort qui traversent aussi nos existences et la vie de nos contemporains. Bien sûr !

Et la vie des institutions aussi. Aucune n’est épargnée… pas plus l’Église que les autres, vous le savez

Bien sûr que le mal, c’est notre quotidien. Nous y sommes confrontés tout le temps.

Mais Jésus vient nous dire dans ces paraboles : c’est le bien qui est appelé à triompher. Dieu aime trop le monde pour le laisser s’écrouler et retourner au chaos.

Ces paraboles, elles sont celles de l’Espérance. La petite vertu chère à Péguy. Fragile, mais tenace !

Je citais Jean-Claude Guillebaud, tout à l’heure. Il vient de faire paraître un livre (1) où il parle des « belles personnes ». Ce n’est pas une histoire d’esthétique mais il entend par là, tous ceux qui nous aident à retrouver l’Espérance et qui font bouger le monde. Généralement ce ne sont pas des tribuns mais d’humbles personnes qui agissent pour que ce monde soit vraiment un monde selon le cœur de Dieu. Guillebaud les appelle les « sentinelles de l’Espérance ».Je vous invite à les repérer, à les apprécier et à collaborer avec eux.

Je termine : Dans les paraboles, Jésus ne s’adresse plus à la foule mais aux disciples pour leur dire : C’est vous les Fils du Royaume. Le bon grain, vous en êtes !

Confiance nous dit Jésus : ne vous laissez pas abattre. La détermination des disciples est plus forte que tous les aléas de l’histoire ?

  • Courage, nous dit Jésus, j’ai vaincu le monde ! c’est-à-dire : j’ai vaincu le mal !

Reférence bibliographique :

(1) Jean Claude GUILLEBAUD, « Sauver la beauté du monde », Ed. L’Iconoclaste, (2019) à retrouver sur RCF