18ème ordinaire – A

Je ne sais pas si vous avez remarqué au début de ce passage : on voit Jésus partir en barque seul « pour un endroit désert, à l’écart.. »

Ça arrive souvent dans l’Évangile qu’on nous présente Jésus, pourtant si actif, ayant besoin de se retrouver seul. Souvent en prière…pour être avec son Père et se situer en vérité face à lui. L’Évangile nous dit qu’il passait des nuits entières à prier Dieu son Père. A se retrouver dans ce cœur à cœur avec Dieu.

Besoin de silence. Besoin de prière. Besoin de désert : Retenons ça pour commencer !

Et en même temps, l’Évangile nous présente un Jésus tellement attentif à ceux qui ont besoin de lui.

Regardez le texte d’aujourd’hui : regardez cette foule qui a entendu parler de lui, qui boit ses paroles et qui a besoin d’être réconfortée dans tous les sens du terme. La foule accourt et Jésus oublie son besoin de repos et de silence pour accueillir ces gens qui viennent à lui.

Il fut saisi de pitié envers eux…et il guérit les infirmes.

Et quelques lignes plus loin …il va nourrir ces gens qui ont faim…Contre l’avis des disciples qui les auraient bien renvoyés pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les villages voisins !

Jésus ne l’entend pas de cette oreille « donnez leur vous mêmes à manger »…Et devant le scepticisme des disciples, il va faire un geste extraordinaire pour nourrir ces gens qui ont faim !

Cette manière d’être de Jésus nous dit ce qu’est notre vocation la plus profonde ! Nous sommes appelés à vivre ces deux dimensions fondamentales dans notre vie de foi.

  • Le Chrétien, c’est celui qui se met à l’écoute de Dieu. Rappelez-vous Jésus « dans un endroit désert…à l’écart ».

C’est le temps de la prière, de la lecture de la Parole de Dieu. C’est le temps où l’on se retrouve et où l’on se reprend soi-même.
On ne peut être chrétien, sans prier ..sans se tourner vers Dieu, sans l’écouter…sans vivre ces moments d’intimité avec lui !

  • Et en même temps, on ne peut pas être chrétien si l’on n’est pas attentif à ses frères …pour les aider à vivre, à guérir de toutes leurs infirmités (à commencer par cette infirmité fondamentale qui est celle de ne plus être capable d’aimer !)

Le chrétien, c’est celui qui est attentif et accueillant à ses frères, comme Jésus l’a fait tout au long de sa vie sur les routes de  Palestine. Aider les autres, les accueillir, les remettre debout, ouvrir à l’Espérance ceux qui croupissent sur le bord du chemin !

Notre vocation de chrétien, elle est là aussi : dans la manière dont on tend la main à ceux et celles qui ont besoin de nous.

Ce passage d’Évangile finalement, il nous ouvre aux deux volets essentiels de notre vie chrétienne : à la rencontre de Dieu et à la rencontre du frère!

C’est une veille histoire : Rappelez-vous la question du légiste à Jésus : quel est le plus grand commandement ? et la réponse : le plus grand commandement, c’est d’aimer Dieu mais le second lui est semblable : c’est d’aimer son frère !

le second lui est semblable !

Je termine : peut-être trouverez que le chemin est ardu et que c’est compliqué d’être chrétien. C’est vrai et à certains jours, ça peut paraître impossible d’ailleurs.

Si c’est ce que vous pensez, je vous invite à regarder la fin de l’évangile d’aujourd’hui : les apôtres trouvaient que c’était impossible de nourrir tout ce monde. Et c’est vrai que c’était impossible…Ils n’avaient oublié qu’une chose, c’est la confiance au Christ. Ils avaient oublié qu’avec lui ce qui paraît impossible devient réalisable !

Le chrétien, c’est celui qui se laisse faire par le Christ et qui lui fait confiance pour rendre possible ce qui peut paraître irréalisable.

Aujourd’hui, renouvelons notre confiance au Christ. Chez nous comme pour les foules de Palestine, il fera des merveilles et nous serons rassasiés, comblés…pas seulement de pain mais d’amour, de sens, de fidélité. Avec lui, nous connaîtrons le bonheur véritable . Et nous pourrons dire comme st Paul « nous sommes les grands vainqueurs, grâce à celui qui nous a aimés  »