Job 7, 1-4.6-7

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne va pas fort chez Job aujourd’hui…

Quand on lit ce texte en ce jour de la santé, nos pensées vont aux malades, à ceux qui souffrent, qui sont en perte d’autonomie, qui doutent, qui perdent espoir. Cela nous dit une fois de plus à quel point nous devons bien sûr soigner la maladie, mais surtout une personne dans sa globalité,

Dans ce texte, je trouve qu’il y aussi autre chose. Job se plaint d’une vie difficile « une corvée », il n’obtient en retour de son travail que le « néant », il a perdu le sens de sa vie « mes jours s’achèvent faute de fil ». C’est même terrible : subir, ne pas recevoir en retour, ne plus trouver de sens à ce qu’on fait.

Ces sentiments exprimés par Job, ils peuvent tous nous toucher, nous pouvons tous les avoir ressentis, que nous soyons malade ou non, du monde de la santé ou non. Ce peut être à cause d’un surcroît de travail, à cause d’une mauvaise ambiance, d’une hiérarchie, ou de la simple usure du temps, d’un métier jugé répétitif. Ce peut-être parce qu’on est au chômage ou qu’on a peur d’y être, parce qu’on a d’autres soucis, ou parce que la retraite nous coupe de la vie active, et puis bien sûr la situation actuelle avec ses inquiétudes, ses tensions, ses drames. Quelqu’un me disait « on a l’impression qu’on n’entend plus que les mauvaises nouvelles, qu’il n’y a plus de joie ».

Les autres textes nous donnent des clefs face à toutes ces situations qui peuvent faire perdre le goût de la vie.

D’abord, savoir qu’on n’est pas seul : dans l’évangile, Jésus prie, et nous devons nous rappeler que Dieu est avec nous. D’ailleurs, on voit les disciples chercher Jésus au matin, comme perdus, ne sachant que faire. Comme eux, nous devons savoir aller le chercher pour commencer notre journée.

Il y a différents types de prière, mais la prière quotidienne avant de démarrer sa journée, c’est un rdv phénoménal, et plus on le pratique plus il devient important, et ça devient même un besoin, ça manque quand on ne peut pas le faire.

Le simple fait de mettre son réveil un peu plus tôt, c’est décider de se rendre disponible pour Dieu, sans avoir l’esprit déjà pris dans la tourmente ou les tourments de la journée.

Bien sûr ce temps de prière, c’est se savoir aimé, savoir que nous ne sommes pas insignifiants, que Dieu nous donne une vraie place. Et c’est aussi confier sa journée, prier pour ceux qu’on va rencontrer.

Ceci nous amène à parler de l’autre.

C’est une autre clef : à la fois Jésus s’est entouré d’apôtres, mais surtout il va vers les autres. C’est le fait de vivre quelque chose avec l’autre qui va procurer de la Joie : la joie de la fraternité, du partage, du service rendu, du pardon, bref la Joie de l’amour ; la joie de donner et de recevoir.

La prière, la vie avec l’autre, l’Amour de l’autre, c’est notre vocation de chrétien, de prêtre prophète et roi, c’est réaliser que c’est un moteur extraordinaire qui fait du bien et qui nous fait du bien.

Comme le dit St Paul dans cette expression extraordinairement belle, c’est décider de vouloir « prendre part à l’Évangile ». Prendre part, c’est à la fois en être nourri, vivre comme il nous y appelle, et vivre d’une façon telle que nous l’annonçons.

Évidemment cela semble plus facile quand on travaille dans le monde de la santé, mais cela s’applique à tous les domaines, à tous les métiers, et même quand on n’en a plus ; c’est à chacun de cheminer et de trouver comment prendre sa part à l’Évangile.

Alors je vous disais qu’en ce moment on a l’impression qu’il n’y a plus que des mauvaises nouvelles, mais non, il y a toujours l’évangile, La Bonne nouvelle !