Homélie de Pentecôte 2021 – Paroisse de la Sainte-Trinité, Lambersart, église Saint-Calixte, 23 juin 2021

Quelle image suggestive que celle du souffle : le souffle créateur qui donne vie, le souffle qui renouvelle, le souffle qui déplace et bouscule comme le violent coup de vent sur les apôtres réunis ! Mais le souffle dont il est question n’est pas qu’une image. Il est le souffle de Dieu, l’Esprit Saint, l’amour qui unit le Père et le Fils, le don de Dieu qui descend sur les apôtres et sur tous les baptisés que nous sommes. Le Christ ressuscité le partage pour que nous vivions de sa vie, pour que nous participions à la merveilleuse aventure du salut, pour que nous aussi nous ressuscitions, pour que toute la création soit renouvelée et conforme au dessein de Dieu.

Alors si belle soit l’image du souffle ou celle aussi riche des langues de feu qui rappelle la diffusion de l’Esprit qui reposait sur Moïse aux 70 anciens qui se mettent à prophétiser, il nous faut revenir au Christ, nous souvenir de sa vie, de sa manière d’être, de la façon dont il rencontrait les gens, leur rendait leur dignité, leur ouvrait un chemin. Il nous faut revenir au Christ qui a offert sa vie, alors même qu’on la lui prenait. Il nous faut entrer dans le lien d’amour qui unit Jésus à son Père. Alors, nous connaîtrons la vérité tout entière. Nous communierons à la circulation d’amour entre le Père et le Fils et nous prendrons part à cet amour. C’est ainsi que la foi ne sera pas une opinion, l’adhésion à des valeurs mais bien une foi vive, une foi qui transfigure nos vies. Alors, nous produirons « des fruits d’amour, de joie, de paix, de patience, de bonté, de bienveillance, de fidélité, de douceur et de maîtrise de soi » comme dit l’épître aux Galates (Gal5,22.23).

L’Esprit nous permet de vivre de l’intérieur la liberté du Christ Jésus. Parce qu’il est don de Dieu, souffle vital, il nous libère de la nécessité de nous en sortir par nous-mêmes, ce que l’apôtre Paul appelle la convoitise de la chair, laquelle alimente le déchaînement du mal et de la violence.

Avec cette fête du don de l’Esprit, c’est le temps pascal qui se termine. Nous avons tout pour vivre en ressuscités. Nous sommes des créations nouvelles dans le Christ, comme on le signifie au nouveau baptisé en le revêtant du vêtement blanc. Nous sommes témoins de l’immense amour de Dieu qui a ressuscité Jésus et qui aujourd’hui encore façonne l’humanité pour qu’elle soit conforme au dessein de Dieu.

Commentant le récit de Pentecôte des Actes des apôtres, une homélie anonyme d’Afrique du Nord du VIème siècle l’affirme : « l’Eglise dans son unité parle toutes les langues ». L’Esprit Saint rejoint les hommes dans leur diversité. Rien ne lui est étranger. Par lui, l’amour de Dieu est offert à chacun, quel qu’il soit. Cette conviction nourrit notre prière et notre confiance. Elle anime l’élan missionnaire du peuple de Dieu dont nous sommes membres.

Parfois comme les premiers disciples, nous avons à rendre témoignage dans un environnement hostile. Plus souvent, nous nous heurtons à l’indifférence ou à l’incrédulité. Peu importe, l’Esprit nourrit en nous cette assurance d’être aimés de Dieu. Il nous soutient. Il nous renouvelle. Il nous donne de rayonner de joie sans jamais utiliser les armes de nos adversaires. Il nous suggère de suivre le Christ sur le chemin des béatitudes. Avec lui, nous avons que la croix n’est pas le point final et cela change tout. Bonne fête de Pentecôte !

Père Bruno CAZIN, vicaire général